Quel taux de progestérone pour tomber enceinte ?

Quel taux de progestérone pour tomber enceinte ?

Quel taux de progestérone pour tomber enceinte ?

La progestérone et la grossesse sont intiment liées par une relation de cause à effet.

« Depuis plusieurs années, nous essayons avec mon conjoint de concevoir un bébé, en vain». L’incapacité de tomber enceinte est sans doute l’un des motifs de consultation les plus fréquentes chez la femme. Avec les trompes de Fallope bouchées, l’endométriose, les maladies génétiques, l’insuffisance ovarienne, la défaillance ovarienne prématurée (DOP) et les maladies malignes, les troubles hormonaux sont les principales causes de ces complications.

Le cycle menstruel de la femme est contrôlé par de nombreuses hormones qui agissent dans un équilibre fragile. Tout déséquilibre se manifestera par une série de symptômes comme les bouffées de chaleur, la sécheresse vaginale, l’atrophie de la muqueuse génitale, les troubles du sommeil (somnolence diurne, insomnie), les troubles de l’humeur (nervosité, irritabilité, dépression modérée), la baisse de la libido, la prise de poids, etc.

Les déséquilibres hormonaux peuvent empêcher la maturation des ovocytes (ovogenèse), des follicules ainsi que le déclenchement de l’ovulation.

Lorsque le corps jaune (corpus luteum) ne produit pas assez de progestérone, il est impossible de tomber enceinte. C’est ce que l’on appelle l’insuffisance du corps jaune. D’autres facteurs hormonaux peuvent s’interposer entre la femme et son désir d’enfant comme les troubles de la thyroïde (hypothyroïdie et hyperthyroïdie), un taux anormalement élevé de prolactine, un taux excessif de testostérone (syndrome des ovaires polykystiques OMPK ou syndrome de Stein-Leventhal), un stress physique et mental accru, une insuffisance pondérale grave (anorexie ou boulimie), l’obésité et les tumeurs. L’insuffisance de la progestérone reste cependant la cause la plus commune.

L’insuffisance du corps jaune et l’incapacité de tomber enceinte

L’insuffisance du corps jaune est diagnostiquée par le médecin lorsque le corpus luteum formé pendant l’ovulation à partir de ce qui reste des follicules est incapable de produire assez de progestérone. Rappelons que les concentrations sanguines physiologiques de la progestérone oscillent entre 2 et 30 nanogrammes par millilitre de sang. Par conséquent, la muqueuse utérine n’est pas préparée à la nidation de l’embryon et n’est donc pas en mesure de maintenir la grossesse. La chute du taux de progestérone à la fin du cycle provoquera donc systématiquement l’expulsion de la muqueuse. S’en suivra alors l’écoulement de sang (les règles).

Pour diagnostiquer l’insuffisance du corps jaune, la femme qui peine à tomber enceinte devra passer un bilan hormonal pendant la deuxième partie de son cycle menstruel. Si les concentrations de progestérone sont inférieures à 2 nanogrammes par millilitre dans les jours qui suivent l’ovulation, l’insuffisance du corps jaune est alors vivement suspectée. Le médecin prescrira une supplémentation en progestérone naturelle bio-identique par voie orale, vaginale ou intramusculaire.

Il faut savoir que le bilan hormonal ne permet pas de diagnostiquer un phénomène qui peut également expliquer la chute des taux chez la femme qui souhaite tomber enceinte : il s’agit du cas d’un corpus luteum qui ne répond pas aux signaux spécifiques produits par l’embryon. C’est une situation bénigne qui peut facilement être résolue par des injections intramusculaires d’HCG (hormone chorionique gonadotrope ou gonadotrophine humaine). Ces injections visent à empêcher la désintégration du corps jaune.

Aujourd’hui, les médecins préfèrent largement la voie intramusculaire lorsqu’il s’agit d’administrer une supplémentation de progestérone dans l’objectif de favoriser l’implantation de la grossesse. En effet, les niveaux de progestérone qui peuvent être obtenus par les voies orale et vaginale sont souvent insuffisants. Toutefois, ces voies peuvent être choisies au cours de la grossesse si besoin, car le placenta se charge déjà à ce moment de produire de la progestérone. Enfin, notons que les traitements FIV, ICSI et IMSI entrainent une insuffisance du corps jaune qui répond favorablement à la supplémentation en progestérone.

La progestérone, mais pas seulement

En plus des déséquilibres hormonaux et des autres causes citées plus haut, la grossesse peut également être rendue impossible (ou en tout cas difficile) par une batterie de facteurs. La période de fertilité est courte et variable selon les femmes.

Mathématiquement, un couple sexuellement actif aura plus de chance de concevoir un enfant. Pour simplifier le voyage des spermatozoïdes, on recommande aux couples d’éviter les positions sexuelles qui « défient la gravité ». Les douches vaginales post-coït sont également à éviter.

La cigarette et l’alcool sont également à bannir chez la femme qui souhaite tomber enceinte. Une fumeuse de 35 ans aura la même fertilité qu’une non-fumeuse de 40 ans. Le tabac réduit en effet le niveau d’oestrogènes dans le corps. L’alcool perturberait quant à lui la production de progestérone, ce qui complique donc la nidation et multiplie les risques des fausses couches.

Les kilos en trop (et en moins) sont également des facteurs qui réduisent les chances de la survenue d’une grossesse. Il s’agit donc pour la femme de s’approcher du « poids de fertilité maximale ». Ce dernier est supérieur au poids santé : il ne nécessite donc pas de régime draconien. Une bonne hygiène de vie suffit généralement à l’atteindre. L’exercice régulier et modéré contribue au bien-être physique et mental, deux éléments importants lorsque l’on désire avoir un bébé. Le stress et les problèmes émotifs sont également des facteurs qui entravent la survenue de la grossesse. Les techniques de relaxation, la méditation et le yoga peuvent être de bons alliés. Enfin, l’homéopathie, l’ostéopathie, l’acupuncture, la phytothérapie et la luminothérapie peuvent jouer un rôle physiologique mais surtout mental pour contribuer à la régulation des fonctions biologiques tout en agissant sur les troubles de l’humeur et du sommeil.

Une étude allemande menée sur 2 000 couples qui ne réussissent pas à concevoir un bébé a montré que 25% d’entre eux souffraient de « stérilité » à cause de problèmes émotifs. L’infertilité serait à ce niveau une réponse de l’organisme aux menstruations irrégulières, aux spermatozoïdes de mauvaise qualité, à la baisse de la libido et au stress chronique. Tous ses facteurs influent négativement sur la procréation et doivent pris en compte pour tomber enceinte.

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